Cyberattaques : la résilience est votre meilleure défense !

Damien Gbiorczyk, expert en cyber-résilience chez Illumio , publie une tribune dans laquelle il remet en question un réflexe encore trop répandu : croire que la prévention suffit. Face à des attaques de plus en plus furtives et systématiques, la résilience devient l’arme maîtresse des entreprises. Voici ce que l’on en retient.
Résilience cyberattaque : quand la prévention ne suffit plus
88 % des organisations ont subi un incident impliquant un mouvement latéral c’est-à-dire une progression furtive des attaquants à travers les systèmes d’information, contournant ainsi les défenses traditionnelles. Ce chiffre seul suffit à invalider l’idée qu’un niveau d’investissement suffisant peut garantir une protection totale.
Les attaquants, en effet, n’ont besoin de réussir qu’une seule fois. Les défenseurs, eux, doivent réussir à chaque tentative. Ce déséquilibre structurel est particulièrement visible avec les ransomwares : 59 % des entreprises françaises touchées ont dû interrompre leurs activités. La perturbation, plus que le vol de données, est donc devenue la finalité première des cybercriminels.
Souvent, ce n’est d’ailleurs pas la compromission initiale qui cause le plus de dégâts. C’est la capacité de l’attaquant à progresser latéralement jusqu’aux systèmes les plus critiques. Croire que toutes les attaques peuvent être bloquées expose ainsi à une grande désillusion.
Être conscient ne signifie pas être préparé
La sensibilisation des collaborateurs aux enjeux cyber n’a jamais été aussi forte. Pourtant, la conscience du risque ne suffit pas à éviter les erreurs surtout sous pression, en situation de fatigue ou de stress. Ce sont précisément ces moments où le risque de cliquer sur un lien malveillant augmente considérablement.
L’analogie avec la sécurité routière est éclairante. Les campagnes de prévention alertent sur les dangers, mais ce qui sauve des vies en cas d’accident, ce sont les dispositifs intégrés au véhicule : ceintures, airbags, zones déformables. En cybersécurité, c’est la même logique.
La préparation s’opère donc à deux niveaux : la formation ciblée des personnes les plus exposées, et la conception d’infrastructures capables d’absorber un incident. Il ne s’agit pas de désigner des responsables, mais de garantir que l’organisation puisse collectivement encaisser le choc.
La résilience comme levier stratégique
Malgré tout, la cybersécurité reste souvent absente des discussions stratégiques au plus haut niveau. C’est pourtant là que tout se joue. Le risque cyber se distingue en effet des autres types de risques : investir ne garantit pas la sécurité, mais renforce la résilience.
Les bonnes questions ne sont donc plus « pourquoi n’avons-nous pas été protégés à 100 % ? », mais plutôt « en combien de temps avons-nous récupéré ? » et « dans quelle mesure avons-nous limité les impacts ? ». Une posture mature consiste ainsi à distinguer les menaces acceptables de celles à atténuer, et à évaluer le niveau de perturbation que l’organisation est capable d’absorber.
Des outils comme la segmentation permettent par ailleurs de contenir la propagation des attaques et de garantir la continuité d’activité. Ils ne sont plus optionnels ils sont devenus essentiels.
Ce que l’on retient : la résilience, un pilier de souveraineté économique
La tribune de Damien Gbiorczyk rappelle une évidence que beaucoup de dirigeants tardent encore à intégrer : nous ne vivons plus dans un monde où l’on peut espérer éviter toutes les menaces. La résilience cyberattaque est donc la capacité à reprendre la main après l’impact, à transformer la vulnérabilité en avantage compétitif.
Demain, les entreprises les plus solides ne seront pas celles qui n’ont jamais été attaquées ce seront celles qui auront su apprendre, s’adapter et continuer à inspirer confiance.
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