Comment l’IA transforme la cybercriminalité et la cybersécurité en 2025 ?

L’IA : un champ de bataille invisible et en constante évolution.

En effet, elle est au cœur d’une transformation radicale de la cybersécurité. D’un côté, les éditeurs repoussent les limites. De l’autre, les cybercriminels exploitent la même puissance.

L’IA : l’outil des cybercriminels et une solution pour la cybersécurité

Le cybercrime franchit un cap avec l’intégration de l’intelligence artificielle, qui rend les attaques plus ciblées, rapides et difficiles à détecter. Les cybercriminels exploitent aujourd’hui des technologies avancées pour mener des actions sophistiquées à grande échelle. En voici trois formes majeures :

  • Les deepfakes : grâce à l’IA, des vidéos et audios ultra-réalistes peuvent être manipulés pour créer de faux témoignages, des arnaques sentimentales ou des campagnes de désinformation. Une étude de Capgemini révèle que 45 % des entreprises ont déjà été victimes d’attaques par deepfake. Adrien Merveille (Check Point) souligne l’ampleur croissante de ce phénomène.
  • Des attaques de phishing sur-mesure : les modèles de langage (LLM) permettent de générer des emails personnalisés, imitant parfaitement le ton d’une entreprise ou d’un contact. Selon Dr Martin J Kraemer (KnowBe4), les attaques de phishing sont passées de 210 000 en 2022 à 550 000 en 2024. Le taux de clics augmente car les messages sont adaptés au profil des victimes.
  • Les malwares polymorphes : les malwares équipés d’algorithmes d’IA modifient en permanence leur code pour échapper aux antivirus traditionnels. Cette capacité d’auto-adaptation rend leur détection et leur neutralisation particulièrement complexes.

Alors avec ces techniques, l’IA transforme la cybercriminalité en une menace sophistiquée et multiforme, exigeant des réponses de cybersécurité tout aussi innovantes.

L’IA : une réelle opportunité face aux menaces ?

Ainsi face à ces menaces, l’IA est aussi notre meilleur allié. Elle analyse les comportements suspects, détecte les anomalies en temps réel et automatise les réponses.

De plus, les solutions basées sur l’IA démontrent qu’il est possible de contrer les avancées rapides des attaquants. Grâce aux algorithmes d’apprentissage automatique, ces technologies anticipent les schémas d’attaque. Elles mettent en œuvre des contre-mesures avant même que les attaquants ne réussissent leur intrusion.

En parallèle, la formation et la sensibilisation des employés restent essentielles. Par exemple, certaines entreprises déploient des simulateurs d’attaques basés sur l’IA pour tester la vigilance des équipes en temps réel. Dans un monde où les contenus générés par l’IA sont omniprésents, l’usage du bon sens reste par conséquent indispensable.

Les 4 fonctions clés de l’IA pour renforcer la cybersécurité

  • Détection prédictive : analyse en temps réel des données réseau, des comportements utilisateurs et des signatures de logiciels malveillants pour bloquer les attaques avant qu’elles ne surviennent. Exemple : une hausse anormale du trafic vers des serveurs inconnus peut révéler une exfiltration de données ; l’alerte permet d’agir avant les dégâts.
  • Analyse comportementale : surveillance des écarts d’activité suspects (heure inhabituelle, localisation anormale…) pour détecter les intrusions. Cette approche permet d’identifier rapidement les menaces avant qu’elles ne causent des dommages.
  • Réponse automatisée : grâce aux systèmes SOAR, l’IA réduit le temps de réaction aux incidents de 92 %. Elle améliore les indicateurs clés comme le MTTD (temps de détection) et le MTTR (temps de réponse), notamment face aux ransomwares, phishing ou intrusions réseaux
  • Sécurité adaptative : l’IA ajuste ses règles en temps réel selon les nouvelles menaces. Elle modifie dynamiquement les filtres réseau pour bloquer les menaces émergentes et empêche ainsi leur propagation au sein de l’infrastructure.

Une forte industrialisation des attaques, mais un faible taux de réussite

Enfin nos trois experts le rappelaient d’une même voix : si l’industrialisation des attaques a permis aux cybercriminels de gagner en efficacité, le taux de réussite de chaque attaque reste relativement faible. Ainsi ce constat doit nous encourager à maintenir, voire améliorer, ce faible niveau de succès.

De plus pour rester en avance sur les attaquants, un engagement constant est nécessaire. Il ne s’agit plus uniquement de réagir aux menaces existantes, mais d’anticiper les nouvelles formes d’attaques. Les entreprises doivent donc investir dans des solutions intelligentes capables d’identifier les comportements suspects et de proposer des contre-mesures automatisées.

En définitive, en utilisant l’IA à bon escient, nous pouvons contrer les avancées rapides des cybercriminels.

*Ce contenu a été rédigé à partir des informations recueillies lors d’un petit-déjeuner thématique. Avec les experts Dr Martin J. Kraemer de KnowBe4, Adrien Merveille de Check Point et Arnaud Lemaire de F5, pour analyser la manière dont l’IA transforme tout à la fois la cybercriminalité et la cybersécurité en 2025.

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